
Le silence revint.
Différent cette fois.
Celui qui change une vie.
Léo regarda vers la porte.
Pensa à son grand-père.
À la cabane.
Au froid.
À la liberté.
Puis à l’autre possibilité.
Un toit.
De la nourriture.
Une éducation.
Des règles.
Une dépendance.
Un monde qu’il ne comprenait pas.
« Si je pars… », dit-il lentement, « je peux revenir ? »
Richard hésita.
Puis hocha la tête.
« Oui. Mais peut-être que tu n’en auras plus envie. »
Léo le regarda.
Essayant de comprendre.
Promesse…
ou avertissement.
Peut-être les deux.
Il regarda le bébé une dernière fois.
Respirant.
Vivant.
Puis Isabelle.
Puis Richard.
Et il prit sa décision.
« D’accord. »
Deux mots simples.
Mais tout changea.
Léo ne sourit pas.
Non pas parce qu’il n’était pas heureux…
Mais parce qu’il ne comprenait pas encore tout ce qu’il venait d’accepter de laisser derrière lui.
Richard posa doucement une main sur son épaule.
« Viens. »
Ils marchèrent ensemble dans le couloir lumineux de l’hôpital.
Chaque pas éloignait Léo de ce qu’il avait toujours connu.
Son petit sac cognait légèrement contre son dos.
Un bruit discret.
Mais constant.
Comme un rappel de qui il était une heure plus tôt.
Dehors, une voiture noire les attendait.
Léo hésita avant de monter.
« Elle ne mord pas », dit Richard avec un léger sourire.
Léo monta.
Tendu.
Incertain.
« D’abord, on va chercher ton grand-père », ajouta Richard.
Léo tourna immédiatement la tête.
« Vraiment ? »
« Oui. »
Quelque chose changea en lui.
Invisible.
Mais profond.
Parce que peut-être…
il n’aurait pas à choisir entre ce qu’il était…
et ce qu’il pouvait devenir.
Ou du moins, c’est ce qu’il croyait à ce moment-là.